Geneathème : la généalogie, côté insolite

Après mon premier geneathème du mois de février sur la généalogie côté techno, voici le second sur la généalogie côté insolite.

J’ai déjà écrit plusieurs articles sur mes ancêtres PRÉVOTEL originaires de Normandie. Aujourd’hui, je vais vous parler de Pierre PRÉVOSTEL, né le 25 septembre 1713 dans la paroisse de Saint-Gilles d’Evreux (Eure), fils de Pierre PRÉVOSTEL et de Marie BOUTEY, ou BOULTIER. pierre-prevotelIl est baptisé le lendemain et reçoit pour parrain François CHASSEL, et pour marraine Magdeleine CEIPELET, de la paroisse Saint-Germain-les-Evreux. Il épouse, à l’âge de 47 ans, le 13 novembre 1770 dans la paroisse Saint-Léonard de Beaumont-le-Roger (Eure), Marie Marguerite MELON, fille d’Etienne MELON et de Geneviève CAM. marguerite-melonIls ont au moins deux enfants, Pierre, né en 1773 à Beaumont-le-Roger, et Louis Frédéric, mon ancêtre, né en 1790 à Lisieux (Calvados). En 1795, le couple vit dans la Grande Rue de Lisieux. Jusqu’ici, tout semble bien ordinaire. Pierre PRÉVOSTEL a un peu voyagé (environ 30 km entre Evreux et Beaumont-le-Roger et 40 km entre Beaumont-le-Roger et Lisieux) mais ce n’est pas si étonnant que cela. Ce qui l’est plus, c’est que sa femme meurt le même jour que lui. Nous sommes le 17 nivôse an 4 (7 janvier 1796) et Pierre décède à son domicile à l’âge de 72 ans. Il est midi. Le soir même, c’est sa femme Marie Marguerite qui s’éteint à son tour, à seulement 47 ans. Le décès de Pierre est déclaré à l’état-civil par Jean Baptiste LE TELLIER et Jacques Charles Guillaume QUESNEL le jour même 17 nivôse à une heure de l’après-midi, tandis que la déclaration de la mort de sa femme par les mêmes témoins est réalisée le lendemain 18 nivôse à 8h du matin. Une maladie aurait-elle frappé le foyer ? Un accident domestique ? Aucune cause n’est mentionnée dans ces actes.

Mais ce que je trouve vraiment insolite, c’est que c’est la seconde fois que je trouve dans mes ancêtres un couple décédé le même jour : c’est également le cas des parents de Marie Marguerite MELON, décédés le 9 mars 1752 à Vieille, dans l’Eure. Ce double décès est mentionné dans l’acte de mariage de leur petit-fils Louis Frédéric PRÉVOTEL le 25 janvier 1813 à Lisieux, mais je n’ai pas encore réussi à retrouver ces actes. Ainsi, sur deux générations, les époux se suivent dans la tombe. Je ne sais pas si c’était répandu, mais je n’ai rencontré aucun autre cas de ce genre dans ma généalogie, et c’est pourquoi cela m’intrigue. Maintenant il me faut retrouver ces actes de décès, ils m’en apprendront peut-être plus sur les causes de décès des parents de Marie Marguerite.

Avez-vous des cas similaires dans votre généalogie ?

Geneathème : la généalogie, côté techno

Les geneathèmes du mois de février sur le site de Sophie Boudarel.

J’ai 23 ans, pas tout à fait un quart de siècle, et pourtant des innovations technologiques il y en a déjà beaucoup eu de mon vivant : développement des smartphones, des réseaux sociaux, premier atterrissage sur le noyau d’une comète (Philae), premier tour du monde en avion solaire (Solar Impulse 2), premières voitures sans chauffeur, premières greffes du visage… J’ai eu la chance de connaître l’une de mes arrière-grands-mères, née en 1903 et décédée en 2002. Elle avait 10 ans lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, 35 ans lors de la seconde. De son vivant, il y a eu la révolution russe de 1917 et la chute du mur de Berlin de 1989, la décolonisation de l’Afrique, la montée en puissance des Etats-Unis. En France, premiers congés payés, droit de vote pour les femmes, troisième, quatrième, cinquième république, mai 68, et un million d’autres événements. J’essaie parfois d’imaginer toutes les avancées technologiques auxquelles elle a assisté en 99 ans : l’avion, le téléphone, la télévision, le réfrigérateur, le micro-ondes, la carte à puce, le Web, les vaccins en tout genre, la pilule contraceptive, l’IRM, le stylo-bille… Le quotidien qui se modifie petit à petit, les innovations qui entrent dans le foyer, mais aussi une société qui évolue, qui accorde des droits. L’eau courante arrive à la maison, les douches aussi, le lave-linge bien plus tard.

Rendez-vous dans trois quarts de siècle pour vous raconter ce que j’ai vécu ? 😉

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Gallica, Nouveau téléphone [de marque Siemens-Halske] (Hoffmann), Agence Rol, 1920.

LAURENCEAUX, LAURENCEAU, LAURENSOT ou LAURENÇOT ?

Je vous ai déjà parlé de la variabilité orthographique des noms de famille dans les registres d’état-civil avec ma branche PRÉVOTEL, parfois PRÉVOSTEL ou PRÉVAUTEL. Aujourd’hui je vais évoquer un exemple encore plus saisissant avec ma branche LAURENCEAU (?).

Vous avez découvert dans un précédent article la disparition de mon aïeul Jean-Baptiste LAURENCEAUX, dit Bidance. Son acte de baptême à Jussey (Haute-Saône) indique bien LAURENCEAUX (1759), tandis que son acte de mariage indique LAURENCEAU (1789). L’acte de mariage de son fils Nicolas indique à nouveau LAURENCEAUX (1820). C’est pour les enfants de Nicolas que l’instabilité orthographique du nom est la plus flagrante. Dans les tables décennales des naissances de Montureux-lès-Baulay (Haute-Saône), ils apparaissent tous sous le nom LAURENCEAU, mais dans les actes de naissance l’orthographe varie d’un enfant à l’autre :

  • Le premier enfant, Pierre, né le 13 juillet 1821 à Montureux-lès-Baulay, porte le nom de LAURENSOT ; dans son acte de mariage du 13 novembre 1848 à Ehuns, le nom est plusieurs fois raturé et l’orthographe varie entre LAURENSOT et LAURENÇOT ; dans l’acte de naissance de sa fille Alexandrine du 11 octobre 1854 à Amance, le nom est LAURENÇOT ;
  • Le deuxième enfant est Françoise LAURANCEAUX, née le 22 février 1823 à Montureux-lès-Baulay ;
  • Le troisième, né le 15 mars 1825 à Montureux-lès-Baulay, est Jean Fériol Fergeux LAURENÇEAUT ;
  • Le quatrième, Jeanne Marie, née le 16 janvier 1826 à Montureux-lès-Baulay, a pour nom LAURENCEAU ;
  • Le cinquième enfant est Catherine LORENCEAUX, née le 2 avril et décédée le 4 mai 1827 à Montureux-lès-Baulay ;
  • Le sixième, Florentine LAURENSAU, naît le 27 septembre 1828 à Montureux-lès-Baulay ;
  • Le septième enfant est Thérèse LAURENSEAU, née le 27 août 1830 à Montureux-lès-Baulay.

Ainsi, pas un seul des sept enfants de la fratrie ne possède le même nom de famille !  Au niveau des signatures, Jean-Baptiste LAURENCEAUX est illettré et ne sait pas signer. Son fils Nicolas, d’une main tremblotante, signe LAURENSOT. Son petit-fils, Pierre, signe LAURENCOT. Que d’instabilité ! Et vous, avez-vous déjà rencontré des cas de très grande variation orthographique du nom ?