Sur la trace de mes ancêtres bretons

Depuis deux ou trois mois, je me concentre sur ma branche bretonne, pas très éloignée de moi puisqu’il s’agit de l’ascendance de mon grand-père maternel, et qu’une partie de la descendance de ses frères et sœur, mes cousins éloignés, vit toujours dans la région. Les ancêtres de mon grand-père étaient des cultivateurs et des laboureurs, et mon grand-père lui-même travaillait la terre dans ses jeunes années, avant de monter à Paris et d’y devenir ouvrier. Ils se concentrent presqu’exclusivement dans les Côtes d’Armor, et plus précisément à l’Est de ce département, non loin de Dinan. Une petite branche originaire de l’Ille-et-Vilaine s’est également fixée dans les Côtes d’Armor au cours du XVIIIe siècle (j’en parlerai dans un prochain article).

ancêtres bretons
Localisation de mes ancêtres directs bretons – Capture d’écran Geneanet

Mes ancêtres bretons se trouvent majoritairement dans les villages de Vildé-Guingalan, Aucaleuc, Trébédan, Trélivan et La Landec (qui comptaient tous moins de 500 habitants au XVIIIe siècle). La consanguinité y était très forte.

ancêtres bretons - zoom
Zoom sur les lieux de vie de mes ancêtres directs dans les Côtes d’Armor

Faire la généalogie de cette branche a été extrêmement rapide, même si elle est loin d’être finie. Grâce aux dépouillements effectués par le Centre Généalogique des Côtes d’Armor et disponible gratuitement à tous sur la plateforme Généarmor, remonter dans le temps s’est avéré une tâche plutôt aisée. Toutes les communes n’y sont pas dépouillées, mais les relevés de l’Association Parchemin accessibles aux membres Premium sur Geneanet complètent à merveille les manques. Ainsi, aujourd’hui, je connais le nom de tous les ancêtres des 6 générations précédant mon grand-père (9e génération pour moi), et il ne m’en manque que 16 pour la 7e génération. Malgré cette avancée rapide, je suis frustrée, et pour deux raisons. La première est l’absence systématique de la mention de la profession dans les actes paroissiaux que je consulte pour cette branche. Je sais grâce à l’état-civil que mes ancêtres du XIXe siècle étaient des paysans, mais je n’en ai pas de preuve pour les siècles précédents.

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Signature de Mathurin ROUXEL le 2 mai 1697 à Vildé-Guingalan.

D’ailleurs, j’ai trouvé des ancêtres aux très belles signatures dès le début du XVIIIe siècle, preuve qu’il ne s’agissait certainement pas de simples paysans.

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Signature de Michel LABBÉ le 30 novembre 1697 à Vildé-Guingalan.

C’est par exemple le cas de Mathurin ROUXEL (sosa 1586), Michel LABBÉ (sosa 774) ou Périne NEHOU (sosa 823), fille de Pierre NEHOU.

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Signature de Périne NEHOU le 30 mai 1724 à Vildé-Guingalan.

Au milieu du XVIIIe siècle, entre 5 et 10% des femmes de Côtes d’Armor savaient signer. La signature de Périne indique donc qu’elle venait d’une famille dont la position sociale était importante. Dans le rôle de capitation de Vildé-Guingalan de 1718, un Pierre NEHOU est d’ailleurs dit « sieur de Grand Maison, trésorier ». L’un des frères de Périne, René, est également dit « sieur de Grand Maison » cinq ans plus tôt, en 1713. Pierre serait-il leur père ?

[Edit du 08/05/2017 : Le frère de Périne s’appelle en réalité Pierre et non René. Dans le rôle de capitation de 1718 c’est donc le frère de Périne qui est mentionné, et non son père. Leur père Pierre est en revanche dit « noble homme » et « sieur dudit lieu » dans les registres d’Yvignac-la-Tour à la fin du XVIIe siècle].

Autre point de frustration : si je suis remontée aisément jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, les actes de mariage ne sont (sauf exception) plus filiatif avant cette date. Grâce à certains recoupements, j’ai parfois réussi à remonter de quelques générations, mais je suis alors confrontée à l’absence des registres. Pour Vildé-Guingalan par exemple, ils ne commencent qu’en 1645. Mes plus lointains ancêtres vildéens connus à ce jour sont Jacquette CHEVALIER (sosa 3291) et Jan LEFORT (sosa 3290), dont les épousailles à Vildé-Guingalan datent du 13 juillet 1646 (et l’acte n’est bien sûr pas filiatif !).

Et vous, avez-vous des ancêtres bretons ?

 

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Geneathème – Guillemette Périnne ROUXEL, ma sosa 203

J’ai rédigé cet article dans le cadre du geneathème du mois de mars sur les femmes de notre vie. Les geneathèmes du mois de mars sur le site de Sophie Boudarel.

olivier_rouxel_11_fevrier_1764_aucaleucGuillemette Périnne ROUXEL (sosa 203) est la fille d’Olivier ROUXEL (1736-) et d’Anne GAUTIER, mariés le 16 janvier 1758 à Aucaleuc, petit village des Côtes d’Armor, après une dispense de consanguinité du 4ème degré obtenue le 16 décembre 1757. Elle est baptisée le 11 février 1764 à Aucaleuc, et reçoit Pierre GAUTIER pour parrain, et Guillemette HERISON pour marraine. Je ne sais pas grand chose de Guillemette. Elle est la sœur aînée d’Anne Julienne ROUXEL (1766-), et de Pierre ROUXEL. Elle se marie à l’âge de 25 ans, le 9 février 1790, avec Joseph TOURNOIS, fils de Jan TOURNOIS et d’Anne LEMENAND. Les bans ont été publiés les 31 janvier, 2 et 7 février 1790. Elle tombe enceinte quelques mois plus tard et donne naissance à une petite fille, mon ancêtre, Anne TOURNOIS (sosa 101). Malheureusement Guillemette ne survit pas à ce premier accouchement : elle est inhumée le jour de la naissance de sa fille, le 12 janvier 1791 à Aucaleuc. Elle n’avait que 26 ans. Anne est baptisée le lendemain 13 janvier, et reçoit Pierre ROUXEL comme parrain, Julienne TOURNOIS comme marraine. Je ne sais pas comment s’est passé son enfance, comment son père a réagit en restant seul avec son bébé d’un jour, perdant sa femme moins d’un an après leur mariage. Je pense à cette histoire et cela m’attriste. Guillemette est mon ancêtre directe morte la plus jeune. Elle aura pourtant laissé une fille bien vivante, qui se mariera et engendrera à son tour, un fils, mon arrière-arrière-arrière-grand-père.

En cette journée des droits des femmes, j’ai souhaité lui rendre hommage, et à travers elle, à toutes les femmes mortes trop tôt.

Etude sur les pratiques actuelles de la généalogie : questionnaire en ligne

Bonjour à tous,

Dans le cadre de mon Master 2 professionnel Médiation culturelle, patrimoine et numérique, je réalise un mémoire de recherche sur les pratiques actuelles de la généalogie, et notamment les blogs, les généablogueurs et leur public. Pour cela, j’ai besoin de vous. J’ai élaboré un questionnaire qui s’adresse à tous les généalogistes, débutants ou confirmés, professionnels ou amateurs, afin d’étudier leurs pratiques et leurs habitudes. Il est ouvert du 1er au 31 mars 2017.

N’hésitez pas à partager ce questionnaire autour de vous, sur vos blogs et vos réseaux sociaux : plus il y aura de répondants et plus mes analyses et mon mémoire de recherche seront pertinents ! Merci d’avance de votre participation !

P.S. : un résumé de cette étude sera publié sur ce blog dans le courant de l’année.

Formulaire ici ou ci-dessous :

Geneathème : la généalogie, côté insolite

Après mon premier geneathème du mois de février sur la généalogie côté techno, voici le second sur la généalogie côté insolite.

J’ai déjà écrit plusieurs articles sur mes ancêtres PRÉVOTEL originaires de Normandie. Aujourd’hui, je vais vous parler de Pierre PRÉVOSTEL, né le 25 septembre 1713 dans la paroisse de Saint-Gilles d’Evreux (Eure), fils de Pierre PRÉVOSTEL et de Marie BOUTEY, ou BOULTIER. pierre-prevotelIl est baptisé le lendemain et reçoit pour parrain François CHASSEL, et pour marraine Magdeleine CEIPELET, de la paroisse Saint-Germain-les-Evreux. Il épouse, à l’âge de 47 ans, le 13 novembre 1770 dans la paroisse Saint-Léonard de Beaumont-le-Roger (Eure), Marie Marguerite MELON, fille d’Etienne MELON et de Geneviève CAM. marguerite-melonIls ont au moins deux enfants, Pierre, né en 1773 à Beaumont-le-Roger, et Louis Frédéric, mon ancêtre, né en 1790 à Lisieux (Calvados). En 1795, le couple vit dans la Grande Rue de Lisieux. Jusqu’ici, tout semble bien ordinaire. Pierre PRÉVOSTEL a un peu voyagé (environ 30 km entre Evreux et Beaumont-le-Roger et 40 km entre Beaumont-le-Roger et Lisieux) mais ce n’est pas si étonnant que cela. Ce qui l’est plus, c’est que sa femme meurt le même jour que lui. Nous sommes le 17 nivôse an 4 (7 janvier 1796) et Pierre décède à son domicile à l’âge de 72 ans. Il est midi. Le soir même, c’est sa femme Marie Marguerite qui s’éteint à son tour, à seulement 47 ans. Le décès de Pierre est déclaré à l’état-civil par Jean Baptiste LE TELLIER et Jacques Charles Guillaume QUESNEL le jour même 17 nivôse à une heure de l’après-midi, tandis que la déclaration de la mort de sa femme par les mêmes témoins est réalisée le lendemain 18 nivôse à 8h du matin. Une maladie aurait-elle frappé le foyer ? Un accident domestique ? Aucune cause n’est mentionnée dans ces actes.

Mais ce que je trouve vraiment insolite, c’est que c’est la seconde fois que je trouve dans mes ancêtres un couple décédé le même jour : c’est également le cas des parents de Marie Marguerite MELON, décédés le 9 mars 1752 à Vieille, dans l’Eure. Ce double décès est mentionné dans l’acte de mariage de leur petit-fils Louis Frédéric PRÉVOTEL le 25 janvier 1813 à Lisieux, mais je n’ai pas encore réussi à retrouver ces actes. Ainsi, sur deux générations, les époux se suivent dans la tombe. Je ne sais pas si c’était répandu, mais je n’ai rencontré aucun autre cas de ce genre dans ma généalogie, et c’est pourquoi cela m’intrigue. Maintenant il me faut retrouver ces actes de décès, ils m’en apprendront peut-être plus sur les causes de décès des parents de Marie Marguerite.

Avez-vous des cas similaires dans votre généalogie ?

Geneathème : la généalogie, côté techno

Les geneathèmes du mois de février sur le site de Sophie Boudarel.

J’ai 23 ans, pas tout à fait un quart de siècle, et pourtant des innovations technologiques il y en a déjà beaucoup eu de mon vivant : développement des smartphones, des réseaux sociaux, premier atterrissage sur le noyau d’une comète (Philae), premier tour du monde en avion solaire (Solar Impulse 2), premières voitures sans chauffeur, premières greffes du visage… J’ai eu la chance de connaître l’une de mes arrière-grands-mères, née en 1903 et décédée en 2002. Elle avait 10 ans lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, 35 ans lors de la seconde. De son vivant, il y a eu la révolution russe de 1917 et la chute du mur de Berlin de 1989, la décolonisation de l’Afrique, la montée en puissance des Etats-Unis. En France, premiers congés payés, droit de vote pour les femmes, troisième, quatrième, cinquième république, mai 68, et un million d’autres événements. J’essaie parfois d’imaginer toutes les avancées technologiques auxquelles elle a assisté en 99 ans : l’avion, le téléphone, la télévision, le réfrigérateur, le micro-ondes, la carte à puce, le Web, les vaccins en tout genre, la pilule contraceptive, l’IRM, le stylo-bille… Le quotidien qui se modifie petit à petit, les innovations qui entrent dans le foyer, mais aussi une société qui évolue, qui accorde des droits. L’eau courante arrive à la maison, les douches aussi, le lave-linge bien plus tard.

Rendez-vous dans trois quarts de siècle pour vous raconter ce que j’ai vécu ? 😉

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Gallica, Nouveau téléphone [de marque Siemens-Halske] (Hoffmann), Agence Rol, 1920.

LAURENCEAUX, LAURENCEAU, LAURENSOT ou LAURENÇOT ?

Je vous ai déjà parlé de la variabilité orthographique des noms de famille dans les registres d’état-civil avec ma branche PRÉVOTEL, parfois PRÉVOSTEL ou PRÉVAUTEL. Aujourd’hui je vais évoquer un exemple encore plus saisissant avec ma branche LAURENCEAU (?).

Vous avez découvert dans un précédent article la disparition de mon aïeul Jean-Baptiste LAURENCEAUX, dit Bidance. Son acte de baptême à Jussey (Haute-Saône) indique bien LAURENCEAUX (1759), tandis que son acte de mariage indique LAURENCEAU (1789). L’acte de mariage de son fils Nicolas indique à nouveau LAURENCEAUX (1820). C’est pour les enfants de Nicolas que l’instabilité orthographique du nom est la plus flagrante. Dans les tables décennales des naissances de Montureux-lès-Baulay (Haute-Saône), ils apparaissent tous sous le nom LAURENCEAU, mais dans les actes de naissance l’orthographe varie d’un enfant à l’autre :

  • Le premier enfant, Pierre, né le 13 juillet 1821 à Montureux-lès-Baulay, porte le nom de LAURENSOT ; dans son acte de mariage du 13 novembre 1848 à Ehuns, le nom est plusieurs fois raturé et l’orthographe varie entre LAURENSOT et LAURENÇOT ; dans l’acte de naissance de sa fille Alexandrine du 11 octobre 1854 à Amance, le nom est LAURENÇOT ;
  • Le deuxième enfant est Françoise LAURANCEAUX, née le 22 février 1823 à Montureux-lès-Baulay ;
  • Le troisième, né le 15 mars 1825 à Montureux-lès-Baulay, est Jean Fériol Fergeux LAURENÇEAUT ;
  • Le quatrième, Jeanne Marie, née le 16 janvier 1826 à Montureux-lès-Baulay, a pour nom LAURENCEAU ;
  • Le cinquième enfant est Catherine LORENCEAUX, née le 2 avril et décédée le 4 mai 1827 à Montureux-lès-Baulay ;
  • Le sixième, Florentine LAURENSAU, naît le 27 septembre 1828 à Montureux-lès-Baulay ;
  • Le septième enfant est Thérèse LAURENSEAU, née le 27 août 1830 à Montureux-lès-Baulay.

Ainsi, pas un seul des sept enfants de la fratrie ne possède le même nom de famille !  Au niveau des signatures, Jean-Baptiste LAURENCEAUX est illettré et ne sait pas signer. Son fils Nicolas, d’une main tremblotante, signe LAURENSOT. Son petit-fils, Pierre, signe LAURENCOT. Que d’instabilité ! Et vous, avez-vous déjà rencontré des cas de très grande variation orthographique du nom ?

La disparition de Jean-Baptiste LAURENCEAUX, dit Bidance

Jean-Baptiste LAURENCEAUX est l’un de mes ascendants directs à la 9ème génération, et c’est aussi l’une de mes épines généalogiques. Il naît le 15 septembre 1759 dans la commune de Jussey (actuel département de la Haute-Saône), et est le fils illégitime de Pierrette LAURENCEAUX, veuve de Nicolas MASSEY. Il est baptisé le lendemain (acte de baptême). Il se marie le 26 octobre 1789 à Montureux-lès-Baulay, village voisin de Jussey, avec Barbe MOUGIN, fille d’Augustin MOUGIN et d’Anne MOURLOT :

Jean Baptiste Lauranceau dit Bidance, âgé de trente ans et un mois, manouvrier, fils de Pierrette Laurenceau de la paroisse de Jussey, et Barbe Mougin fille de feu Augustin Mougin et d’Anne Mourlot son épouse, âgée d’environ trente six ans, après avoir publié par trois fois les promesses de mariage aux messes paroissiales de Montureux et de Jussey sans aucune opposition, m’ayant remis le futur un certificat et un congé par lesquels il couste qu’il est libre, qu’il n’a point contracté de mariage étant au service du roi, je leurs ai donné la bénédiction nuptiale le vingt-six octobre mil sept cent quatre vingt neuf en présence d’Antoine Mourlot, de Pierre Le Brun, d’André Potiot et d’André Macé, qui ont déclarés que Jean Baptiste Laurenceau étoit libre, auquel j’ay dit qu’il y avoit une peine corporelle pour eux si le futur n’étoit pas libre, et ont signés (le contractant et la contractante sont illettrés).

J’ignore d’où vient son surnom Bidance, mais on apprend par cet acte de mariage que Jean-Baptiste était au service du roi, et qu’il est manouvrier. Sa femme Barbe MOUGIN est déjà enceinte, et elle accouche d’un garçon, Pierre, le 6 février 1790 à Montureux-lès-Baulay. Un an et demi plus tard, le 18 septembre 1791, Jean-Baptiste devient père d’un second fils, Nicolas, mon ancêtre. Dans ces deux actes de baptême, Jean-Baptiste LAURENCEAUX, dit Bidance, est dit fileur de coton. Je perds ensuite sa trace, jusqu’à l’acte de mariage de son second fils. Nicolas LAURENCEAUX épouse le 27 octobre 1820 à Montureux-lès-Baulay Claude Françoise VUILLEREY, fille de Claude François VUILLEREY et de Gertrude SIMONIN :

L’an dix huit cent vingt le vingt sept octobre, par-devant nous Nicolas Cordier maire et officier de l’état-civil de la commune de Montureux-lès-Baulay, canton d’Amance, département de la Haute-Saône, ont comparus Nicolas Laurenceaux de la commune de Montureux-lès-Baulay âgé de vingt neuf ans un mois neuf jours, fils de feu Jean Baptiste Bidance dit Laurenceaux assisté de quatre témoins qui affirment ici par serment que le père du dit Nicolas Laurenceaux futur est parti à l’armée depuis environ vingt cinq ans et dont on a reçu aucune nouvelle, les quatre témoins sont premier Michel Lave du dit lieu, cultivateur âgé de trente six ans, du sieur Claude Louis Vuillerey aussi du dit lieu, âgé de quarante quatre ans, cultivateur, troisième Antoine Jobelot manouvrier du dit lieu âgé de trente six ans, le quatrième Claude Mougin aussi du dit lieu âgé de soixante quatre ans, manouvrier, et fils de Barbe Mougin, sa mère, décédée au dit lieu le onze février mil sept cent nonante deux.
Et damoiselle Claude Françoise Vuillerey âgée de trente quatre ans quatre mois sept jours, fille majeure de feu Claude François Vuillerey décédé au dit lieu le vingt un nivose an neuf, et de feu Gertrude Simonin décédée aussi au dit lieu le dix-neuf mars mil sept cent quatre vingt sept, comme il en coutte par les actes de décès délivrés par nous maire de la ditte commune, lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites devant la […] à la porte de notre maison commune la première le deuxième dimanche du mois d’octobre dix huit cent vingt à l’heure de huit du matin, la deuxième le troisième dimanche même mois même année et affiché à la même heure que la précédente. Aucune opposition au dit mariage ne nous ayant été signifiée faisant droit à leurs réquisitions après avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus mentionnée et du chapitre six du titre du code civil intitulé « du mariage », avons demandé au futur époux et à la future épouse s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme. Chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement qu’ils vouloient se prendre pour marie et pour femme, déclarons au nom de la loi que le sieur Nicolas Laurenceaux et damoiselle Claude Françoise Vuillerey sont unis par le mariage, de quoi avons dressé acte en présence de Michel Lave âgé trente-sept ans, cultivateur, et d’Antoine Jobelot âgé de trente-six ans, manouvrier, et de Claude Louis Vuillerey, cultivateur âgé de quarante-quatre ans, et de Claude Mougin âgé de soixante-quatre ans, manouvrier, les quatre témoins du dit lieu, lesquels après qu’il leur en a été aussi lecture ont les parties contractantes avec nous signé excepté la dite future épouse et le dit futur époux qui ont déclaré être illettrés.

Jean-Baptiste serait donc parti faire la guerre vers 1795, sans jamais en revenir. Je n’ai trouvé, pour l’instant, aucun acte de décès à son nom, et aucune précision sur son affectation dans un service armé. Mes prochaines recherches vont s’orienter vers les quatre témoins de son mariage qui affirment qu’il est libre (et qui sont donc peut-être des compagnons d’armes), ainsi que vers son premier fils, Pierre. Avez-vous des idées de pistes à suivre pour résoudre cette épine ?