RDV Ancestral : Moi et mes ancêtres

Pour le premier anniversaire du #RDVAncestral, je vous présente un article un peu particulier. Pour retrouver toutes les participations, RDV ici http://rdvancestral.com/

Il y a quelques semaines, sur Twitter, certains généablogueurs s’interrogeaient sur la signification du nom de leur blog. Je n’avais pas participé à la conversation, faute de savoir que répondre. Pourquoi ai-je appelé mon blog Le temps s’en mêle ? Je crois que ce nom, que je n’ai pas mis beaucoup de temps à choisir, renvoie à plusieurs facettes de moi. Si le temps s’emmêle, en tant que généalogiste, je cherche à en démêler les fils. Si le temps s’en mêle, c’est qu’il joue un grand rôle dans ma vie.

Au cours de mes recherches de Master sur la généalogie à l’ère numérique, je me suis demandée pourquoi je faisais de la généalogie. Très souvent, les explications données à cet engouement tournent autour du « déracinement » et la perte de repères qui caractériserait notre époque : éloignement de la terre ancestrale, exode rural, coutumes et langues régionales qui disparaissent, familles « éclatées » géographiquement mais aussi dans leur forme (remariages, divorces, familles homoparentales…), et qui éveillerait un besoin de trouver un ancrage dans le passé. Suis-je une déracinée ? Mon grand-père maternel a quitté sa Bretagne natale (et celle de ses ancêtres sur plus de trois siècles) et sa famille pour trouver un emploi d’ouvrier sur Paris dans les années 50. L’une de mes arrière-grands-mères maternelles, élevée en Suisse avec sa grand-mère jusqu’à l’âge de sept ans, a ensuite été récupérée par ses parents qui tenaient une boutique à Paris. Ces ancêtres là étaient déracinés. Suis-je une déracinée, moi qui suis née et qui vit dans une ville d’Île-de-France dans laquelle trois générations avant moi ont vécu ? Suis-je en perte de repères alors que je suis allée dans les mêmes école primaire, collège et lycée que ma mère, que mes ancêtres n’ont jamais divorcé et que leurs mariages ont souvent duré plusieurs dizaines d’années ? Et puis j’ai lu le témoignage d’un généalogiste sur le pourquoi de sa pratique :

Pour ma part je crois que ce qui me motive sans trop m’en rendre compte, c’est le besoin fondamental de maîtriser le temps. La généalogie nous permet de faire le pont au-dessus du temps; elle nous rend maître du temps et ainsi répond à notre désir profond d’être éternel (même si on n’ose pas le dire).

J’ai longtemps réfléchi à cette explication, qui me paraissait de prime abord légèrement farfelue, et je me suis rendue compte que c’était cela l’une de mes raisons de faire de la généalogie. J’ai toujours eu un rapport assez angoissé au temps, des crises de mélancolie, et la peur sourde du temps qui passe, de la mort inéluctable des gens que j’aime et que j’aimerai. Il y a quelques années, alors que j’étais au plus bas, deux choses m’ont tirées des profondeurs : la poésie et la généalogie. Je suis partie à la rencontre de mes ancêtres, et je crois réellement que cela m’a apaisé. Trouver des traces du passé, penser à des gens morts depuis des dizaines ou des centaines d’années, les côtoyer au détour d’actes et de signatures, ne pas les oublier finalement, c’est une chose que je trouve extrêmement importante. C’est cela qui me faisait peur dans la mort, l’oubli, le sentiment de n’avoir jamais existé. Pourtant mes ancêtres ont existé, et ils continueront de l’être à travers moi. Rencontrer mes ancêtres, c’était me rencontrer moi.

L’envol

J’aime
ce qui court
ce qui vole
au delà
des possibles
des ailleurs
et des ailes
comme le temps
des horloges
qui déraillent
et des jours
qui s’éteignent.

Aliénor Samuel-Hervé

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Un an !

Bonsoir à tous ! Aujourd’hui ce blog a un an tout rond. Cette année est passée à une vitesse folle pour moi et je n’ai pas eu le temps de faire tout ce que j’avais prévu. Qu’à cela ne tienne, ce sera pour la prochaine année ! Je suis actuellement en pleine rédaction de mon mémoire de recherche que je dois rendre dans les toutes prochaines semaines, et je dois malheureusement un peu lever le pied sur la généalogie (en tout cas la mienne, car je ne suis jamais vraiment loin de la généalogie : c’est le sujet de mon mémoire !). Après le rendu et la soutenance j’aurai (presque) terminé mes études et je commencerai ma véritable vie professionnelle ! Presque car étant donné que je ne sais pas m’arrêter et que je me fixe toujours un million de choses à faire, je me suis inscrite dans un diplôme universitaire de latin à distance. Après tout, ça pourra m’être utile pour mes recherches personnelles en histoire et généalogie.

En un an, mon arbre généalogique s’est enrichi d’environ un millier de personnes, et j’ai écris 65 articles. Pour cette nouvelle année, je ne me fixe aucun objectif : je ne sais pas les tenir ! Entre autres projets, j’ai celui d’écrire un livre sur ma famille (pas forcément quelque chose de publiable, mais en tout cas un ouvrage pour moi, mes proches et mes futurs descendants). J’aimerai aussi reprendre l’écriture de quelques articles pour la Revue d’Histoire du Gâtinais à partir des recherches faites dans le cadre de mon Master en Histoire. Il y aura également un article sur ce blog pour résumer mon mémoire de recherche sur la généalogie à l’ère numérique et les réponses obtenues dans l’enquête diffusée au mois de mars, probablement au cours du mois de septembre ou octobre. Bref, j’ai encore du pain sur la planche, mais toujours dans le plus grand des plaisirs ! Et pour terminer cet article un peu blabla, voici une infographie réalisée il y a quelques jours (elle est déjà en partie obsolète, je me suis trouvé quelques ancêtres directs depuis !).

Merci pour vos messages, vos lectures et vos encouragements. A bientôt ! 😉

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Des nobles bretons parmi mes ancêtres ? – Episode 2

Dans l’épisode précédent, j’étais sur la trace du mariage de Pierre NEHOU et Thomasse GUERIN. Tous leurs enfants été nés à Yvignac-la-Tour, mais pas de trace du mariage. Guyonne DE LYONNAIS était la marraine de leur fils Pierre NEHOU (bapt. 02/06/1677) et était à une époque à Dinan. Sur cette intuition je me lance donc à la recherche du mariage NEHOU x GUERIN que j’estime avoir eu lieu vers 1671-1672, leur premier enfant étant né le 07/02/1673 à Yvignac.

Je pars à l’abordage des registres paroissiaux de Dinan pleine d’espoir et d’agitation. Je vais bien finir par le trouver ce fichu mariage ! Première difficulté : Dinan était à l’époque scindée en deux paroisses, la paroisse de Saint-Malo, et celle de Saint-Sauveur. Plouf, plouf, je décide au hasard de commencer par celle de Saint-Sauveur avec le registre allant de 1669 à 1672. Je débute par la fin pour remonter progressivement dans le temps : 1 page, 10 pages, 20 pages, 30 pages… rien de rien, aucune trace, aucune mention d’un NEHOU. Evidemment dans la précipitation je ne note pas la page où j’arrête ma lecture, et me tourne vers la paroisse de Saint-Malo, registre 1668 à 1672. Le registre contient des tables, qui ne m’apprennent malheureusement rien. Je commence là encore par la fin : 10 pages, 20 pages, et finalement à la vue 304/336 je retrouve Guyonne LE LIONNEYS et Marie GUERIN, fille de Pierre GUERIN sieur de Villemain, présentes au baptême de Marie Cholet le 11 novembre 1672. Je poursuis les recherches et tombe enfin sur la signature de mon Pierre NEHOU à la vue 217/336 !

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Signature de Pierre NEHOU le 24 septembre 1671 à Dinan, paroisse de Saint-Malo.

C’est le 24 septembre 1671 que « noble homme Pierre NEHOU, sieur » est présent à l’inhumation de Renée Rouxelet. Mon intuition était la bonne, Pierre NEHOU se trouvait bien à cette époque-là à Dinan ! Je poursuis : 10 pages, 20 pages, 30 pages, 40 pages, plus aucune trace. Je repars sur les registres de Saint-Sauveur, sans savoir où je m’étais arrêté évidemment. Je crois revoir des pages déjà vues mais tant pis, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Je commence un peu à désespérer, et puis… vue 250/364 je découvre un nouvel enfant de Pierre et Thomasse ! Pierre Guillaume NEHOU est en effet baptisé le 27 octobre 1671 paroisse Saint-Sauveur à Dinan ! Je ne m’attendais vraiment pas à trouver encore des enfants à ce couple. Je poursuis avec encore plus de frénésie ma recherche, je dois approcher à grand pas du mariage… là, vue 138/364, encore un enfant, Jan NEHOU, né le 8 août 1670 ! Mieux, l’acte de baptême m’apprend des choses sur les parents Pierre et Thomasse :

Jan NEHOU, fils d’honorable bourgeois Pierre NEHOU et de damoiselle Thomasse GUERIN ses père et mère demeurants dans la place du vieil marché de cette ville fut né le vendredy huictiesme aoust mil six cent soixante et dix environ les neuf heures du soir, et fut le […] suivant sur les saints fonds baptismaux de l’église paroissiale dudit St Sauveur par moy recteur d’icelle, ayant pour parrain discret prêtre messire Jean GUERIN prêtre de choeur de l’église de St Malo, et pour marraine damoiselle Christine GUERIN compagne du sieur de Grand Champs GUERIN, qui ont signé.

A ce moment-là, je compte déjà 12 enfants à Pierre et Thomasse, deux nés à Dinan, dix autres à Yvignac, le tout entre 1670 et 1687. J’apprends maintenant que Pierre était un bourgeois de Dinan (pas un noble donc !), et qu’il vivait Place du Vieil (ou Vieux ?) Marché. Que vais-je encore pouvoir découvrir ? Vais-je arriver à mettre la main sur le mariage de Pierre et Thomasse et remonter les générations ?

Suite au prochain épisode 😉