Lancement du projet #46photos !

Je l’avoue, ce projet, je le dois à Chroniques d’antan et d’ailleurs et à son article « L’album de Marie« . Cela faisait un moment que je réfléchissais à la manière d’étudier un album ancien de ma famille, et sa méthodologie m’a inspiré. J’ai donc décidé de me lancer !

Album - vue d'ensemble
Vue d’ensemble de l’album.

L’album en question contient 46 photos, dont on ne peut pas voir le verso (sauf pour 2 d’entre elles) car elles sont collées. Ces photos ne sont pas annotées, ni d’un lieu, ni d’une date, ni d’un nom, et je n’en ai identifié que 10, dont deux sur lesquelles j’ai des hésitations. Il me reste donc beaucoup de mystères à éclaircir ! Sur le modèle de Chroniques d’antan et d’ailleurs, j’ai créé un tableau Excel pour décrire chaque photo, noter ce que j’en sais, ainsi que les déductions que je peux faire. Voici ce que cela donne et que j’étofferai au fur et à mesure :

projet 46photos
Tableau d’identification des 46 photos de l’album.

A partir des 8 photos déjà identifiées, j’ai déduit que cet album avait dû appartenir à Bercine PÉRON, la femme d’Adolphe PRÉVOTEL, dont j’ai déjà longuement parlé. Alix et Georges étaient en effet ses deux enfants, et Lucine LEQUOY sa mère. Par ailleurs, l’album ne contient pas de photos de Bercine ni d’Adolphe, ce qui me pousse à penser qu’ils avaient mis là des photos de leur famille. Récapitulons la famille :

Etienne Désiré PÉRON + Lucine Bercine LEQUOY
|
Bercine Lucile LEQUOY + Adolphe François Georges PRÉVOTEL
|
Frédéric Etienne Georges et Alix Victorine

En plus de l’étude minutieuse de chacune de ces photos, et leur comparaison avec les autres photos de la famille que je possède (comme la photo de groupe du mariage d’Alix par exemple), le projet #46photos contient un autre angle, indispensable : la reconstitution de la famille proche de Bercine : ses frères et sœurs, oncles et tantes, cousins et cousines. Dans un premier temps je commencerai par tous les frères et soeurs de Bercine, puis les frères et sœurs de ses parents, et les enfants de ceux-ci. Peut-être arriverais-je même à entrer en contact avec leurs descendants et à retrouver d’autres photos !

Photo d'un militaire non identifié
Photo non identifiée d’un militaire.

Je n’ai presque aucun espoir d’identifier les 46 photos de cet album, mais je pense que pour certaines ce sera faisable, comme pour la photo du militaire ci-contre par exemple. Je vous tiendrai informés de l’avancement de ce projet sur Twitter avec le hashtag #46photos et sur ce blog quand j’aurai de la matière.

Merci à tous pour votre lecture et à bientôt !

Publicités

RDV Ancestral : Moi et mes ancêtres

Pour le premier anniversaire du #RDVAncestral, je vous présente un article un peu particulier. Pour retrouver toutes les participations, RDV ici http://rdvancestral.com/

Il y a quelques semaines, sur Twitter, certains généablogueurs s’interrogeaient sur la signification du nom de leur blog. Je n’avais pas participé à la conversation, faute de savoir que répondre. Pourquoi ai-je appelé mon blog Le temps s’en mêle ? Je crois que ce nom, que je n’ai pas mis beaucoup de temps à choisir, renvoie à plusieurs facettes de moi. Si le temps s’emmêle, en tant que généalogiste, je cherche à en démêler les fils. Si le temps s’en mêle, c’est qu’il joue un grand rôle dans ma vie.

Au cours de mes recherches de Master sur la généalogie à l’ère numérique, je me suis demandée pourquoi je faisais de la généalogie. Très souvent, les explications données à cet engouement tournent autour du « déracinement » et la perte de repères qui caractériserait notre époque : éloignement de la terre ancestrale, exode rural, coutumes et langues régionales qui disparaissent, familles « éclatées » géographiquement mais aussi dans leur forme (remariages, divorces, familles homoparentales…), et qui éveillerait un besoin de trouver un ancrage dans le passé. Suis-je une déracinée ? Mon grand-père maternel a quitté sa Bretagne natale (et celle de ses ancêtres sur plus de trois siècles) et sa famille pour trouver un emploi d’ouvrier sur Paris dans les années 50. L’une de mes arrière-grands-mères maternelles, élevée en Suisse avec sa grand-mère jusqu’à l’âge de sept ans, a ensuite été récupérée par ses parents qui tenaient une boutique à Paris. Ces ancêtres là étaient déracinés. Suis-je une déracinée, moi qui suis née et qui vit dans une ville d’Île-de-France dans laquelle trois générations avant moi ont vécu ? Suis-je en perte de repères alors que je suis allée dans les mêmes école primaire, collège et lycée que ma mère, que mes ancêtres n’ont jamais divorcé et que leurs mariages ont souvent duré plusieurs dizaines d’années ? Et puis j’ai lu le témoignage d’un généalogiste sur le pourquoi de sa pratique :

Pour ma part je crois que ce qui me motive sans trop m’en rendre compte, c’est le besoin fondamental de maîtriser le temps. La généalogie nous permet de faire le pont au-dessus du temps; elle nous rend maître du temps et ainsi répond à notre désir profond d’être éternel (même si on n’ose pas le dire).

J’ai longtemps réfléchi à cette explication, qui me paraissait de prime abord légèrement farfelue, et je me suis rendue compte que c’était cela l’une de mes raisons de faire de la généalogie. J’ai toujours eu un rapport assez angoissé au temps, des crises de mélancolie, et la peur sourde du temps qui passe, de la mort inéluctable des gens que j’aime et que j’aimerai. Il y a quelques années, alors que j’étais au plus bas, deux choses m’ont tirée des profondeurs : la poésie et la généalogie. Je suis partie à la rencontre de mes ancêtres, et je crois réellement que cela m’a apaisée. Trouver des traces du passé, penser à des gens morts depuis des dizaines ou des centaines d’années, les côtoyer au détour d’actes et de signatures, ne pas les oublier finalement, c’est une chose que je trouve extrêmement importante. C’est cela qui me faisait peur dans la mort, l’oubli, le sentiment de n’avoir jamais existé. Pourtant mes ancêtres ont existé, et ils continueront de l’être à travers moi. Rencontrer mes ancêtres, c’était me rencontrer moi.

L’envol

J’aime
ce qui court
ce qui vole
au delà
des possibles
des ailleurs
et des ailes
comme le temps
des horloges
qui déraillent
et des jours
qui s’éteignent.

Aliénor Samuel-Hervé