La disparition de Jean-Baptiste LAURENCEAUX, dit Bidance

Jean-Baptiste LAURENCEAUX est l’un de mes ascendants directs à la 9ème génération, et c’est aussi l’une de mes épines généalogiques. Il naît le 15 septembre 1759 dans la commune de Jussey (actuel département de la Haute-Saône), et est le fils illégitime de Pierrette LAURENCEAUX, veuve de Nicolas MASSEY. Il est baptisé le lendemain (acte de baptême). Il se marie le 26 octobre 1789 à Montureux-lès-Baulay, village voisin de Jussey, avec Barbe MOUGIN, fille d’Augustin MOUGIN et d’Anne MOURLOT :

Jean Baptiste Lauranceau dit Bidance, âgé de trente ans et un mois, manouvrier, fils de Pierrette Laurenceau de la paroisse de Jussey, et Barbe Mougin fille de feu Augustin Mougin et d’Anne Mourlot son épouse, âgée d’environ trente six ans, après avoir publié par trois fois les promesses de mariage aux messes paroissiales de Montureux et de Jussey sans aucune opposition, m’ayant remis le futur un certificat et un congé par lesquels il couste qu’il est libre, qu’il n’a point contracté de mariage étant au service du roi, je leurs ai donné la bénédiction nuptiale le vingt-six octobre mil sept cent quatre vingt neuf en présence d’Antoine Mourlot, de Pierre Le Brun, d’André Potiot et d’André Macé, qui ont déclarés que Jean Baptiste Laurenceau étoit libre, auquel j’ay dit qu’il y avoit une peine corporelle pour eux si le futur n’étoit pas libre, et ont signés (le contractant et la contractante sont illettrés).

J’ignore d’où vient son surnom Bidance, mais on apprend par cet acte de mariage que Jean-Baptiste était au service du roi, et qu’il est manouvrier. Sa femme Barbe MOUGIN est déjà enceinte, et elle accouche d’un garçon, Pierre, le 6 février 1790 à Montureux-lès-Baulay. Un an et demi plus tard, le 18 septembre 1791, Jean-Baptiste devient père d’un second fils, Nicolas, mon ancêtre. Dans ces deux actes de baptême, Jean-Baptiste LAURENCEAUX, dit Bidance, est dit fileur de coton. Je perds ensuite sa trace, jusqu’à l’acte de mariage de son second fils. Nicolas LAURENCEAUX épouse le 27 octobre 1820 à Montureux-lès-Baulay Claude Françoise VUILLEREY, fille de Claude François VUILLEREY et de Gertrude SIMONIN :

L’an dix huit cent vingt le vingt sept octobre, par-devant nous Nicolas Cordier maire et officier de l’état-civil de la commune de Montureux-lès-Baulay, canton d’Amance, département de la Haute-Saône, ont comparus Nicolas Laurenceaux de la commune de Montureux-lès-Baulay âgé de vingt neuf ans un mois neuf jours, fils de feu Jean Baptiste Bidance dit Laurenceaux assisté de quatre témoins qui affirment ici par serment que le père du dit Nicolas Laurenceaux futur est parti à l’armée depuis environ vingt cinq ans et dont on a reçu aucune nouvelle, les quatre témoins sont premier Michel Lave du dit lieu, cultivateur âgé de trente six ans, du sieur Claude Louis Vuillerey aussi du dit lieu, âgé de quarante quatre ans, cultivateur, troisième Antoine Jobelot manouvrier du dit lieu âgé de trente six ans, le quatrième Claude Mougin aussi du dit lieu âgé de soixante quatre ans, manouvrier, et fils de Barbe Mougin, sa mère, décédée au dit lieu le onze février mil sept cent nonante deux.
Et damoiselle Claude Françoise Vuillerey âgée de trente quatre ans quatre mois sept jours, fille majeure de feu Claude François Vuillerey décédé au dit lieu le vingt un nivose an neuf, et de feu Gertrude Simonin décédée aussi au dit lieu le dix-neuf mars mil sept cent quatre vingt sept, comme il en coutte par les actes de décès délivrés par nous maire de la ditte commune, lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites devant la […] à la porte de notre maison commune la première le deuxième dimanche du mois d’octobre dix huit cent vingt à l’heure de huit du matin, la deuxième le troisième dimanche même mois même année et affiché à la même heure que la précédente. Aucune opposition au dit mariage ne nous ayant été signifiée faisant droit à leurs réquisitions après avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus mentionnée et du chapitre six du titre du code civil intitulé « du mariage », avons demandé au futur époux et à la future épouse s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme. Chacun d’eux ayant répondu séparément et affirmativement qu’ils vouloient se prendre pour marie et pour femme, déclarons au nom de la loi que le sieur Nicolas Laurenceaux et damoiselle Claude Françoise Vuillerey sont unis par le mariage, de quoi avons dressé acte en présence de Michel Lave âgé trente-sept ans, cultivateur, et d’Antoine Jobelot âgé de trente-six ans, manouvrier, et de Claude Louis Vuillerey, cultivateur âgé de quarante-quatre ans, et de Claude Mougin âgé de soixante-quatre ans, manouvrier, les quatre témoins du dit lieu, lesquels après qu’il leur en a été aussi lecture ont les parties contractantes avec nous signé excepté la dite future épouse et le dit futur époux qui ont déclaré être illettrés.

Jean-Baptiste serait donc parti faire la guerre vers 1795, sans jamais en revenir. Je n’ai trouvé, pour l’instant, aucun acte de décès à son nom, et aucune précision sur son affectation dans un service armé. Mes prochaines recherches vont s’orienter vers les quatre témoins de son mariage qui affirment qu’il est libre (et qui sont donc peut-être des compagnons d’armes), ainsi que vers son premier fils, Pierre. Avez-vous des idées de pistes à suivre pour résoudre cette épine ?

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4 réflexions sur “La disparition de Jean-Baptiste LAURENCEAUX, dit Bidance

  1. Annick H.

    Je viens d’eplucher la « Liste de seize mille militaires Français ou au service de France, faits prisonniers de guerre de 1810 à 1814, et qui sont morts en Russie, en Pologne et en
    Allemagne, suivie d’une autre liste de militaires encore vivants en…. 1826 » publiee par Mehliss en 1826 (trouve sur Gallica) sans succes. Bonne chance dans votre recherche.

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      1. CORDIER Jean

        Bonjour,
        Je suis le descendant direct du maire de Montureux les Baulay qui a officié au mariage de votre ancêtre. Pour connaître un peu l’histoire de ce village par la généalogie de ma famille, il me paraît peu probable que les témoins cités aient été des compagnons d’armes du disparu.
        Il est par contre tout à fait possible que votre ancêtre soit mort anonymement lors des campagnes napoléoniennes dont certaines furent rudes et on se préoccupait moins des simples soldats que des officiers. Néanmoins ne désespérons pas, si un jour je trouve un indice je vous en ferai part avec plaisir. Bonne chance.

        Aimé par 1 personne

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