Le Journal du Loiret il y a 150 ans : 21 décembre 1866

Calendrier de l’Avent, Jour 21. Que publiait le Journal du Loiret il y a 150 ans jour pour jour ?

Nous avons la température de l’hiver, mais de l’hiver doux. Ce n’est pas ce que désirerait le monde agricole. Il voudrait une vigoureuse période de gelée et de neige pour purger le sol et les arbres d’innombrables engeances d’insectes et de larves qui ont déjà prélevé de fortes dîmes sur les récoltes de 1866, et menacent d’un sort plus dur encore les récoltes de 1867.
De leur côté, les vins de 1866 auraient besoin du contact d’une bonne gelée pour se raffermir et se clarifier. Espérons que le ciel ne refusera pas cette faveur, qui indemniserait un peu les vignerons des temps pluvieux qui ont régné en automne.

Parmi les insectes et larves très présents en cette année 1866, on peut mentionner les hannetons. Les larves survivent enfouies dans le sol, l’idée est donc répandue que de fortes gelées permettraient de les atteindre et les faire mourir. Cela ne fonctionne pourtant pas si bien, comme le constate le chimiste Anselme Payen. Il publie en 1868 dans la Revue des Deux Mondes un article sur « La famille des scarabéides« , dont voici un extrait :

En Normandie (domaine d’Ecorchebœuf, Seine-Inférieure), l’insecte a employé trois années à parcourir les diverses phases de son évolution biologique. La ponte de 1865, — on se rappelle combien les hannetons furent nombreux cette année-là, — a donné des myriades de larves dont les rigueurs de l’hiver suivant ont peut-être diminué le nombre. Les survivantes n’en ont pas moins ravagé les récoltes de 1866. Pendant l’hiver de 1866-67, elles se tinrent à une profondeur de 40 centimètres. La température de cette couche demeura constamment supérieure à 0°, bien que le thermomètre comparatif placé dans l’air ait accusé plusieurs fois des froids de 15°. Il est vrai que la terre était recouverte d’une épaisse couche de neige qui empêchait la déperdition de la chaleur intérieure du sol. Les larves enfouies sous terre purent supporter, on le voit, sans en souffrir les gelées très fortes et assez persistantes qui durcissaient la surface des champs. C’est donc bien à tort que dans ces conditions on compte sur les gelées pour nous délivrer des hannetons.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s