Les Journées du Patrimoine à Courbevoie : visite guidée

Le week-end dernier, les Journées Européennes du Patrimoine ont attiré des millions de visiteurs. Pour la première fois, j’ai pu participer à ces journées de manière professionnelle, à travers un stage en médiation culturelle auprès de la ville de Courbevoie. Postée dans le Pavillon des Indes le samedi matin et toute la journée du dimanche, et dans le musée Roybet Fould le samedi après-midi, j’ai pu répondre aux questions de nombreux visiteurs et leur faire découvrir un peu plus l’histoire de ces lieux. La grisaille et la pluie étaient au rendez-vous, surtout samedi, mais n’ont pas découragé les plus curieux. Allez, partons pour une petite visite, et vous verrez que la généalogie n’est jamais loin…

Tout commence en 1878. Paris accueille l’Exposition universelle, et le palais du Champ-de-Mars est rempli des merveilles de chacun des pays participant. A cette occasion, le prince de Galles (futur Edouard VII d’Angleterre), expose ses collections autour d’un Pavillon des Indes, construit dans ce qui était alors les Indes anglaises, par l’architecte anglais Caspar Prudon Clarke (1846-1911). A la fin de l’exposition, le pavillon est démonté. Une partie est remontée comme villa à Paramé, près de Saint-Malo, malheureusement détruite par une tempête vers 1905, et l’autre partie est vraisemblablement achetée par le prince Georges Stirbey, propriétaire du château et du parc de Bécon, où il l’installe. Lors du remontage, le rez-de-chaussée et le premier étage sont inversés pour assurer plus de stabilité au bâtiment, qui est en plus adossé à un bâtiment en brique.

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Le Pavillon des Indes, Courbevoie, 17/09/2016, Aliénor Samuel-Hervé

Dans le même parc de Bécon subsiste un autre vestige de l’Exposition universelle de 1878 : le Pavillon de la Suède et de la Norvège, conçu par l’architecte Henrik Trapp-Meyer (1833-1910) en pin rouge de Norvège. Les deux pays ne formaient à l’époque qu’un seul royaume (ils ne se séparent qu’en 1905), alliance symbolisée par la galerie reliant les deux parties du pavillon. Ce pavillon est lui aussi vraisemblablement acheté par Georges Stirbey.

Mais passons maintenant à la partie généalogique de l’histoire. Georges STIRBEY (1832-1925), prince roumain qui fut ministre des Affaires étrangères de son pays, fils du prince régnant de Valachie Barbu STIRBEY (1799-1869), avait épousé Valérie SIMONIN (1831-1919), artiste française connue sous le pseudonyme de Gustave Haller, veuve de Gustave-Eugène FOULD (1836-1884), et mère de deux filles peintres, Consuelo FOULD et Achille Valérie FOULD (qui prit le nom de Georges-Achille). Gustave-Eugène n’était autre que le fils d’Achille FOULD (1800-1867), banquier et ministre d’Etat de Napoléon III. Georges STIRBEY adopta les deux petites, et leur offrit à chacune un pavillon de l’Exposition universelle de 1878, pour leur servir d’atelier : Georges-Achille FOULD occupa ainsi le Pavillon des Indes, et Consuelo celui de la Suède et de la Norvège.

Consuelo légua son pavillon à la ville de Courbevoie en 1927, en demandant à ce qu’il devienne un musée à la mémoire de Ferdinand ROYBET, son maître. C’est ainsi que le musée Roybet Fould ouvrit ses portes en 1951. Quant au Pavillon des Indes, il revint également à Courbevoie en 1951. Après avoir abrité les services horticoles de la ville, il fit l’objet d’une restauration de grande ampleur en 2012-2013, et renoue maintenant avec son passé d’atelier, en accueillant tous les 18 mois un artiste en résidence.

Liens et bibliographie :
– Le Pavillon des Indes sur le site de Courbevoie ; Wikipédia ;
– Le musée Roybet Fould sur le site de Courbevoie ; Wikipédia.

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