Les LEQUOY de Corbeilles – Épisode 2 : une bouteille à la mer

Souvenez-vous de Pierre LE QUOY, né en 1687 à Senlis, et fraîchement débarqué au début du siècle suivant dans la bourgade de Corbeilles, dans le Loiret. Le 23 mai 1777, dans le village de Pannes, toujours dans le Loiret, Jean-Pierre LEQUOY, procureur au bailliage de Corbeilles, le petit-fils de Pierre, épouse Anne Marie Emerence QUEYREL, fille de François QUEYREL, chirurgien major des armées du roi, et de Marie Marguerite ORENGO (Arch. départ. Loiret, 3 NUM 247/11, vue 337/381) :

L’an mil sept cens soixante dix sept, le vingt trois may, après la publication de trois bans de mariage dans l’église de Corbeilles et d’un dans l’église de St Paterne diocèse du Mans, sans opposition ni empêchement, vu la dispense de deux bans de Monseigneur l’évêque du Mans en datte du sept de ce mois, signé […] vicaire général, Rolland secrétaire, vu […] d’une procuration des parties contractantes, en bonne et due forme ainsi que d’autres papiers, les fiançailles célébrées hier, ont esté mariés et ont reçus de nous prêtre curé soussigné, la bénédiction nuptiale du consentement de Monsieur le vicaire de Corbeilles, en datte du treize susdit mois, signé Thevin ; Jean-Pierre Lequoy, procureur au bailliage de Corbeilles, fils majeur de Jean-Pierre Lequoy, lieutenant audit bailliage, et de Jeanne Colin d’une part, et Anne-Marie Emerence Queyrel, fille majeure de François Queyrel, chirurgien major des armées du roy, et de Marie Margerite Orengo de fait, même paroisse de Corbeilles, mais de droit de St Paterne diocèse du Mans, ont assistés pour le moins du cotté de l’époux Me François Marc Prochasson, greffier même bailliage de Corbeilles, et Me Jaques Bellaufant, notaire royal du distric de Pannes ; du cotté de l’épouse, Guillaume Buchet, maître en chirurgie, Laurent Joumat, laboureur, tous deux aussi de Corbeilles, et autres parens et amis et lecture à eux faite du present acte ont tous signés avec nous.
LEQUOY     QUEYREL     BELLAUFANT
BUCHET     PROCHASSON     L JOUMAT

Anne-Marie Emerence était probablement originaire de Saint-Paterne, puisque les bans y sont publiés en même temps qu’à Corbeilles et qu’elle est dite « de droit de St Paterne ». Le cœur battant, j’examine les registres paroissiaux de Saint-Paterne (Arch. départ. Sarthe), mais aucune trace du ban publié, pas plus que d’acte de baptême au nom de QUEYREL. Quant à ses parents, d’où viennent-ils et où meurent-ils ? Ils ne sont en tout cas ni originaires du Loiret, ni de la Sarthe, puisque l’on retrouve leur trace à Villefranche-sur-Mer, dans les actuelles Alpes-Maritimes, une trentaine d’années avant le mariage de leur fille. C’est là qu’ils s’unissent le 11 mai 1746.

François QUEYREL x (11/05/1746) Marie Marguerite ORENGO
|
Anne Marie Emerence QUEYREL x (23/05/1777) Jean-Pierre LEQUOY

L’acte de mariage est en latin, et j’ai obtenu l’aide de Jean Louis Martin pour le transcrire après avoir posté ma demande sur le forum de Généanet (topic ici). Voici ce qu’il a pu m’indiquer :

Le 11 mai 1746 bla-bla-bla ont étés unis en mariage bla-bla-bla par le Rd prêtre Pierre Antoine ORINGHO, du couvent de l’Ordre des (Frères) Mineurs délégué (par le prieur de ……) devant le Rd Père Raimond Marie de M………… de l’Ordre ………….. de la ville de Nice et le très Illustre Me Antoine CAVALIER de M…. en Espagne, duc de …………. espagnol(e) ……… les témoins requis. Marque X d’Antoine
[En marge]
Me François? QUEYREL, (fils) de feu Me Jean Baptiste de la ville de Bruges (Bruges-33?, Bruges dans les Pyrénées?, Bruges en Belgique?), diocèse de …………..? (*), chirurgien dans l’hôpital royal (si « reggis pour « regis ») S. (abrégé de Sancti?) Mai………is? catholic… (désinence mal lisible) in di……. …… huius loci ……… (= dans …….. …….. de ce lieu ……..).
et Dame Marie Marguerite ORINGHA fille de Me Michel de cette paroisse
(*) Ressemble à Périgueux , mais on aurait eu « Petragorensis », ce qui ne ressemble pas au mot qui suit « dioecesis ».

Si quelqu’un réussit à combler les trous, je suis preneuse ! Pour trouver l’acte, suivez ce lien et consultez la vue 104, en bas de la page gauche.
En attendant, on apprend que François QUEYREL est le fils de Jean Baptiste QUEYREL, et que Marie Marguerite ORENGO est la fille de Michel ORENGO. Marie Marguerite serait originaire de Villefranche-sur-Mer, où l’on retrouve en effet de nombreux membres de cette famille, mais je n’ai pas encore retrouvé son acte de baptême. Quant à François, le doute plane encore sur sa ville d’origine. Remonter cette branche s’annonce difficile !

Une piste, un indice ? Laissez-moi un commentaire 😉

Publicités

Veille généalogique #4 : 19 août – 25 août

Cette semaine, moins de lecture d’articles car la chaleur m’a poussé loin de mon ordinateur. J’ai tout de même fait quelques belles découvertes que je vous partage ici. Bonne (re)découverte !

Archives mises en ligne

Généabank : cap des 93 millions d’actes dépassé !

  • Mise à jour de 23779 actes par le Cercle d’Entraide Généalogique des Alpes Maritimes et d’ailleurs (20 août).

Articles

Point méthode

Mort pour la France : Alfred Théodore MAILLARD (1881-1915)

Alfred Théodore MAILLARD est le frère de mon arrière-grand-mère. Il naît le 18 septembre 1881 à dix heures du soir à Vildé-Guingalan, dans les Côtes d’Armor. Il est l’unique fils de Jean MAILLARD (1850-1902), cultivateur, et de Marie Rose CHEL, ménagère, qui s’étaient mariés le 29 octobre 1877 à Vildé. Il est élevé dans le hameau de Coavou, dépendant de Vildé-Guingalan, avec ses trois sœurs, Ernestine, de deux ans son aînée, Eugénie, née en 1889, et Célestine, la plus jeune, née en 1892. Leur grand-mère maternelle, Rosalie (ou Rose) BESNARD (1823-1900), vit avec eux, et la famille accueille aussi entre 1886 et 1891 une petite fille issue de l’hospice, Marie JOUBE, née vers 1883. Alfred commence à travailler jeune, il est maçon dès l’âge de 14 ans (1896). Il sait lire, écrire et compter, et fait son service militaire en 1901, matricule 2123 au recrutement de Saint-Malo. Il a les cheveux et sourcils châtains, les yeux bleus, le visage ovale avec un front ordinaire, un gros nez, une bouche moyenne, un menton rond, et mesure 1m71.

En 1902, la famille est touchée par le malheur. Alors que le grand-père d’Alfred, Ollivier Marc MAILLARD, était décédé à l’âge de 80 ans, et son arrière-grand-père Julien MAILLARD à 79 ans, son père décède le 13 juin 1902 à l’âge de 51 ans seulement. Alfred, alors âgé de 20 ans, doit maintenant subvenir seul aux besoins de sa famille. C’est peut-être pour cette raison qu’il est ajourné pour faiblesse de son service militaire la même année. Bon pour le service en 1903, il entre dans le 47e régiment d’infanterie le 14 novembre comme soldat de 2e classe. Envoyé dans la disponibilité le 18 septembre 1904, il reçoit un certificat de bonne conduite. En 1906, Alfred vit toujours à Coavou avec sa mère et ses trois sœurs. Le 1er août 1908, il épouse Anne Marie CHEVALIER à Dinan. Peu de temps après il part pour une période d’exercice militaire dans son régiment, du 20 août au 16 septembre 1908. Il en accomplit une seconde du 19 avril au 5 mai 1911. Sa plus jeune sœur Célestine se marie en 1914, mais j’ignore ce que deviennent Ernestine et Eugénie.

Alfred est rappelé lors de la mobilisation générale et arrive dans son régiment le 12 août 1914. Il part en campagne le 28 août, les premiers combats commencent. Le 47e régiment d’infanterie participe à la première bataille de la Marne, ainsi qu’à la Course à la mer qui marque la fin de la guerre de mouvement de cette Première Guerre mondiale. Au printemps et jusqu’à l’été 1915, les combats se concentrent dans les environs d’Arras, et c’est là, dans le village d’Écurie, qu’Alfred Théodore est tué à l’ennemi (mort des suites de ses blessures selon sa fiche matricule) le 8 juin 1915. Il est mentionné dans le Journal Officiel du 24 juin 1924 :

JO Alfred Théodore MAILLARD
Gallica, Journal Officiel de la République française, 24 juin 1924, p. 393.

Il serait inhumé dans le carré 10, rang 8, tombe 2798 de la nécropole nationale La Targette à Neuville-Saint-Vaast, dans le Pas-de-Calais. Il est aussi mentionné sur le monument aux morts de sa commune natale, Vildé-Guingalan.

Vous avez connaissance de photos ou lettres d’Alfred, ou plus d’informations sur lui ? Cela m’intéresse, n’hésitez pas à m’en parler !

Sources :
– Arch. départ. Côtes d’Armor, État-civil de Vildé-Guingalan ;
– Arch. départ. Côtes d’Armor, Recensements de Vildé-Guingalan de 1886, 1891, 1896 et 1906 (lacune pour 1901) ;
– Arch. départ. Ille-et-Vilaine, Fiche matricule d’Alfred Théodore Maillard, recrutement de Saint-Malo, classe 1901 ;
– Ministère de la Défense, Mémoire des Hommes, Fiche d’Alfred Théodore Maillard, Mort pour la France, [Lien] ;
– BnF, Gallica, Journal Officiel de la République française, 24 juin 1924, p. 393 ;
– Fiche personnelle sur MémorialGenWeb, [Lien] ;
– Fiche du monument aux morts de Vildé-Guingalan sur MémorialGenWeb, [Lien] ;
– Fiche sur Généalogie22, [Lien].

Bibliographie sommaire :
– Le 47e régiment d’infanterie sur En Envor, sur Wikipédia ;
– La Course à la mer sur Wikipédia ;

Pour citer cet article :
Aliénor Samuel-Hervé, « Mort pour la France : Alfred Théodore MAILLARD (1881-1915) », publié en ligne sur Le temps s’en mêle le 24 août 2016, consulté le [date de consultation], [URL : https://letempssenmele.wordpress.com/2016/08/24/mort-pour-la-france-alfred-theodore-maillard-1881-1915]

Veille généalogique #3 : 12 août – 18 août

Il y a eu beaucoup d’articles de qualité publiés cette semaine, cela aurait été dommage de les rater 😉

Archives mises en ligne

Généabank

  • Mise à jour de 103 354 actes de la région des Pyrénées-Orientales par l’Association Catalane de Généalogie.

Articles

Bouteilles à la mer

  • Communes à identifier sur les photographies contenues dans les fonds des Archives départementales de l’Oise.

Curiosités

Et pour plus d’articles à découvrir, n’hésitez pas à suivre les veilles généalogiques quotidiennes sur Twitter de Feuilles d’ardoise et d’Elise AuprèsRacines.

À la semaine prochaine !

Les PRÉVOTEL de Lisieux – Épisode 2 : les bouteilles de lait

Vous souvenez-vous d’Adolphe et Bercine PRÉVOTEL, rencontrés dans l’épisode 1 concernant la montée à Paris des PRÉVOTEL de Lisieux ? Entre 1893 et 1904, ils tenaient l’épicerie du 128 rue de Tocqueville, dans le 17e arrondissement de Paris. Ce week-end, je devais faire une superbe découverte dans la cave de la maison familiale : trois bouteilles en verre, qui contenaient probablement du lait de vache, de celles vendues par Adolphe et Bercine dans leur boutique. Nous n’avons pas conservé la troisième bouteille, en mauvais état, mais après un bon nettoyage les deux autres sont presque comme neuves. L’une d’elle n’a pas de bouchon, la seconde un bouchon de liège attaché à une chaîne en fer, et la dernière, jetée, avait une chaîne mais pas de bouchon.

                   20160813_164032 20160813_165903

Photographies personnelles, A. Samuel-Hervé, 13 août 2016.

Le bouchon de liège semble artisanal. Il est composé d’une capsule en métal portant l’inscription « Usines du Rhône » sous laquelle a été cloué du liège.

20160813_165958

La Société chimique des usines du Rhône, créée en 1895, a notamment commercialisé à partir du début du XXe siècle l’aspirine. La capsule métallique aurait pu être façonnée à partir de l’un de ces tubes d’aspirine (voir sur Google Images).

publicité Aspirine Usines du Rhône - Le Monde illustré - 24 juin 1916
Gallica, Le Monde illustré, 24/06/1916.

Quant à la ferme de Gaillon d’où semble provenir le lait vendu par Adolphe et Bercine, il s’agit probablement de la propriété située entre Chaville et Viroflay (aux limites des actuels départements des Yvelines et des Hauts-de-Seine) en vente en 1873.

Vente la Ferme de Gaillon - Le XIXe siècle journal quotidien politique et littéraire - 31 janvier 1873
Gallica, Le XIXe siècle : journal quotidien politique et littéraire, 31/01/1873.

La ferme est habitée en 1886 par la famille PICHARD et du personnel domestique, ainsi que deux vachers d’origine suisse. Après leur départ viennent y vivre entre 1891 et 1897 Louis Joseph HARANGER (°v. 1863), agriculteur, sa femme Berthe Clotilde HÉRY (°v. 1869), et leurs enfants. En 1891, la ferme abrite de nombreux domestiques, ainsi que deux vachers d’origine italienne, Emmanuel Carlon, 36 ans, et Alfred Astaz, 26 ans. Vient ensuite le temps de probables difficultés financières : les époux HARANGER font une séparation de biens en janvier 1896, et la même année l’on ne compte plus qu’une nourrice et une cuisinière auprès de la famille, sans aucune trace d’autres domestiques ou de vachers. Le sort s’acharne et au mois d’avril 1897, Louis Joseph et Berthe Clotilde perdent trois de leurs enfants, à quelques jours d’intervalles : d’abord Georges Louis, 4 ans, qui succombe le 9 avril, puis René Paul Robert, six mois, le 11 avril, et Yvonne Isabelle, un an et demi, le 19 avril.

Adolphe et Bercine PRÉVOTEL étaient-ils bien approvisionnés auprès de la famille HARANGER, la connaissaient-ils ? S’il s’agit bien de cette ferme, quelques cartes postales sont publiées ici.

Sources :

– Archives familiales ;
– Arch. départ. Yvelines, État-civil de Viroflay ;
– Arch. départ. Yvelines, Recensements de Viroflay, 1886, 1891 et 1896 ;
– Gallica, Le Monde illustré, 24 juin 1916, [Lien] ;
– Gallica, Le XIXe siècle : journal quotidien politique et littéraire, 31 janvier 1873, [Lien] ;
– Gallica, Archives commerciales de la France…, 15 février 1896, [Lien] ;
– Gallica, La Presse, 24 février 1897, [Lien].

Pour citer cet article :
Aliénor Samuel-Hervé, « Les PRÉVOTEL de Lisieux – Épisode 2 : les bouteilles de lait » publié sur Le temps s’en mêle le 17 août 2016, consulté le [date de consultation], [URL : ]

Veille généalogique #2 : 5 août – 11 août

Vous connaissez maintenant le principe, voici les articles que j’ai remarqués cette semaine.

Archives mises en ligne

Articles

Bouteilles à la mer

  • L’appel à témoins du Musée de la Résistance Bretonne pour un ouvrage consacré aux déportés morbihannais (6 août).

Curisités

Et je souhaite la bienvenue à un nouveau blog de généalogie, celui de Benoît Moreau, Généachronie.

Les LEQUOY de Corbeilles – Épisode 1 : l’arrivée dans le Loiret

Vous vous souvenez de Bercine Lucile PÉRON, la femme d’Adolphe PRÉVOTEL, dont nous avons parlé dans Les PRÉVOTEL de Lisieux – Épisode 1 : la montée à Paris ? Fille d’Étienne Désiré PÉRON et de Lucine Bercine LEQUOY, elle était née le 19 janvier 1855 à Corbeilles, dans le Loiret. Une branche de la famille LEQUOY, originaire de Senlis au moins depuis la fin du XVe siècle, s’était installée dans la bourgade de Corbeilles au début du XVIIIe siècle, en la personne de Pierre LE QUOY, notaire royal, l’ancêtre à la 7e génération de Bercine, 12e génération pour moi.

Pierre LE QUOY (1687-1762)
|
Jean Pierre LEQUOY (°1721)
|
Jean Pierre LEQUOY (°1745)
|
Jean Pierre Frédéric LEQUOY (°1789)
|
Hector François Frédéric LEQUOY (°1810)
|
Lucine Bercine LEQUOY (°1836)
|
Bercine Lucile PÉRON (°1855)
|
Mon arrière-arrière-grand-père
|
Mon arrière-grand-mère
|
Ma grand-mère
|
Ma mère
|
Moi

Pierre était le fils de Jacques LE QUOY, procureur au présidial de Senlis, et de Catherine Susanne MÉTHELET, nés et domiciliés à Senlis, comme la plupart de leurs enfants. La ville comptait plusieurs paroisses (Saint-Aignan, Sainte-Geneviève, Saint-Hilaire, Saint-Pierre…) ce qui ne facilite pas les recherches généalogiques, mais Pierre naît dans la paroisse de Notre-Dame le 3 octobre 1687. La famille était très nombreuse et Pierre avait au moins dix frères et soeurs : Noël Jean-Baptiste (°1685), Catherine (°1688), Françoise (°1690), Louise (°1691), Marie Louise (°1692), Madeleine Susanne (°1693), Marie Thérèse (°1694), Françoise (°1695), Charles François (°1696) et Suzanne (1700-1700). La famille est implantée de longue date dans la ville, avec des marchands bourgeois, officiers royaux et hommes de lois dans les différentes instances, pourtant Pierre quitte la région et se marie dans la bourgade de Corbeilles le 28 septembre 1717, quelques jours avant ses trente ans :

Arch. départ. Loiret, 3 NUM 103/6, vue 208/227, 28 septembre 1717 à Corbeilles.

L’an de grâce mil sept cens dix sept, le vingt huitiesme de septembre, après les trois annonces de mariage faites et publiées à l’ordinaire, les fiançailles célébrées la veille sans aucune oposition, vu le certificat des bans et la permission de marier du sieur curé prieur de Notre-Dame de Chateau-Landon, ensemble l’atestation et le tesmoignage de connaissance du sieur maître Lequoi père, de la ville de Senlis, signez des sieurs Froiche et Boys, marchans bourgeois de la ville de Nemours, suivant la decision de Mr […] vicaire général de l’archevêché de Sens le siège vacant, nous avons reçu au sacrement de mariage Pierre, fils majeur de maître Jaques Lequoy, procureur au Présidial de Senlis, présent en personne, et de damoiselle Catherine Susanne Méthelet, ses père et mère d’une part ; A Louise Perthuis, fille de maître Louis Perthuis, procureur fiscal et notaire à Corbeilles, et de Françoise Piget, aussi ses père et mère de cete parroisse d’autre part ; En présence desdits sieurs Lequoi père, Charles François Lequoi frère, Perthuis père et fils, Cotele gendre, Toussaints et Jean Piget, oncles de ladite épouse, de maître Loyer, procureur, de Monsieur Guérin, seigneur de cete parroisse, qui ont tous signé.

J’ignore comment de Senlis Pierre s’est retrouvé dans le Loiret. Il fait un mariage qui semble cohérent à sa condition sociale, mais Corbeilles est tout de même un tout petit bourg (740 habitants en 1738 selon Paul Gache), sans commune mesure avec sa ville natale. Est-ce son travail qui l’a amené là ? L’acte n’évoque pas sa profession, mais il est procureur fiscal et notaire royal à Corbeilles lors de la naissance de son fils Jean Pierre le 6 août 1721, tout comme son beau-père. A-t-il repris l’office de ce dernier ?

Arch. départ. Loiret, 3 NUM 103/7, vue 15/239, 6 août 1721 à Corbeilles.

L’an 1721 le 6e d’aoust nous avons batisé Jean Pierre fils de maître Pierre Le Quoy, procureur fiscal et notaire royal à Corbeilles, et de Louise Perthuis, le parin Jean Cotel, Elisabeth Perthuys marreine.
J COTELLE    E PERTHUIS    BACHERAU

Quoi qu’il en soit, Pierre eut une famille nombreuse, une dizaine d’enfants, dont au moins trois eurent de la descendance : Jean Pierre LEQUOY, dont je descends, époux de Jeanne COLIN puis de Jeanne GESU ; Georges LEQUOY, époux de Françoise Clotilde NOGUET ; et Félix Philippe Rieul LEQUOY, époux d’Anne Élisabeth SAUVAIGNAT.
Quant aux LEQUOY de Senlis, la branche continua à prospérer. Le frère de Pierre, Noël Jean-Baptiste, devint avocat, élu en l’élection de Senlis, et même échevin de la ville en 1751-1752.

Sources :
– Arch. départ. Oise, Registres paroissiaux de Lisieux ;
– Arch. départ. Loiret, Registres paroissiaux de Corbeilles ;
– « Tableau chronologique des échevins de Senlis depuis l’établissement de la commune » (Afforty, tome XII), Comité archéologique de Senlis, Comptes-rendus et mémoires, 2e série, t. 5, 1879, p. 83-172, consulté sur Gallica le 9 août 2016, [URL : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k486449d/f153.image]
– GACHE Paul, Corbeilles-en-Gâtinais, consulté en ligne le 9 août 2016, [URL : http://www.corbeillesengatinais.fr/fichiers/files/paul%20gache.pdf]

Pour citer cet article :
Aliénor Samuel-Hervé, « Les LEQUOY de Corbeilles – Épisode 1 : l’arrivée dans le Loiret » publié sur Le temps s’en mêle le 10 août 2016, consulté le [date de consultation], [URL : https://letempssenmele.wordpress.com/2016/08/10/les-lequoy-de-corbeilles-episode-1-larrivee-dans-le-loiret]