11 novembre 2018, une date pour se souvenir

En ce 11 novembre un peu particulier, je pense très fort à « mes » poilus, ceux de mon arbre, mort pour la France ou non. J’avais consacré un article à Louis Gaston PRÉVAUTEL et Alfred Théodore MAILLARD, deux collatéraux, mais j’ai aussi une pensée particulière pour mes arrière-grands-parents Lucien et Eugène, mon arrière-arrière-grand-père Georges, mon arrière-arrière-arrière-grand-père Adolphe, qui ont participé à la Grande Guerre, ainsi qu’à leurs proches. Aujourd’hui, je souhaite également rendre hommage à un homme dont je ne sais rien, si ce n’est qu’il était filleul de guerre de mon arrière-arrière-grand-mère Berthe, et qu’il nous a laissé un objet un peu particulier.

En décembre 2014, je publiais mon second recueil de poésie, Éclats d’obus, afin de rendre hommage aux combattants et dénoncer les horreurs de la guerre. J’avais soigneusement préparé l’image de couverture moi-même, grâce à cet objet confié à ma famille par ce filleul de guerre : un coupe-papier taillé dans un éclat d’obus.

eclats-obus

Je débutais à l’époque tout juste mes recherches généalogiques, mais ce coupe-papier avait déjà suscité toute ma curiosité. Peut-être connaîtrais-je un jour l’identité de son créateur…

Je termine ce court billet par l’un de mes poèmes, qui ne figure pas dans ce recueil mais que j’aime particulièrement et qui, je l’espère, résonnera en vous :

À nous le souvenir, à eux, l’immortalité.

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Projets passés et à venir

Bonjour à tous,

Cela fait presque 5 mois que je n’ai rien publié sur ce blog, et je dois dire que c’est une activité qui me manque. Ce n’est pas encore aujourd’hui qu’un article généalogique sera publié, mais j’en ai tant à écrire que cela reviendra très prochainement. Je dois vous parler de la découverte de ma branche de noblesse bretonne, de mon ancêtre valet de chambre de Louis XIV, et de mille autres choses. Mais je travaille également sur mille (au moins !) autres projets, et j’ai souhaité faire un petit point bla-bla racontage de vie ici 😉

J’ai eu le grand bonheur et l’immense gratitude de figurer dans le dernier numéro de la Revue française de Généalogie à propos de mon mémoire de Master sur la généalogie à l’ère numérique, et je souhaite remercier ici toutes les personnes qui ont lu ce mémoire et m’ont laissé un petit mot pour me féliciter. Je ne pensais absolument pas, au moment où je l’ai publié sur Academia (vous pouvez le trouver ici), que cela m’apporterait autant de bonheur. J’avais beaucoup hésité avant de le rendre accessible en ligne, de peur de me rendre ridicule ou d’être démolie par les critiques ou les remarques sur la qualité de ce travail, et je dois dire que tous les commentaires positifs que j’ai reçu m’ont vraiment rassuré et donné confiance en moi. Merci infiniment à vous et à la Revue française de Généalogie pour cela ! Je ne résiste pas à mettre ici un extrait de l’article qui y a été publié, et vous pourrez lire la suite en vous procurant le numéro 236 ici.

Généalogie à l'ère numérique

En septembre 2017, j’ai donc obtenu mon Master Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique à l’université Paris-Nanterre (mon second Master après celui d’Histoire, obtenu à l’université Paris-Sorbonne l’année précédente), et j’ai décidé, tout en travaillant à temps complet, de poursuivre mes études à distance. Je me suis donc inscrite en Diplôme Universitaire de Compétence en Langues Anciennes (DUCLA) option latin, niveau élémentaire, à l’université Paris-Nanterre, pour développer ma connaissance de cette langue, et je viens de valider mon année avec mention. Je poursuis donc l’année prochaine ce DUCLA en 2e année, celle du niveau intermédiaire. Mais comme quand on aime on ne compte pas, je m’inscris également l’année prochaine à distance dans le Diplôme Universitaire d’Histoire de la Médecine à l’université Paris-Descartes ! J’y suivrai des cours sur l’histoire des techniques, des épidémies et des institutions, des origines jusqu’à nos jours, avec la rédaction d’un mémoire de recherche sur les chirurgiens militaires aux XVIIe et XVIIIe siècles. Rien que d’y penser, je trépigne de joie et d’impatience !! Me voici donc embarquée pour 2 DU + mon travail à temps complet + mon 3e recueil de poésie à écrire + ce blog à alimenter + des recherches généalogiques à mener pour divers autres projets, sans oublier les séances de sport, la vie sociale/familiale et les diverses contraintes du quotidien à gérer ! Mille projets qui me remplissent de force et font que cette année sera encore une belle année d’apprentissage, de découvertes et d’aventures dans le passé et le présent…

A très vite !

P.S. : si vous avez des ancêtres chirurgiens militaires, n’hésitez pas à me laisser un commentaire ou à m’écrire via la page contact de ce blog ou mon compte Twitter. Toutes les informations sur ce sujet pourront alimenter ma réflexion et compléter mes recherches. Merci !

Geneathème – Un prénom sorti de nulle part : Christophette

Le mois de janvier est terminé mais j’ai quand même envie de participer au geneathème sur les prénoms rares ou insolites. J’en ai plusieurs dans ma généalogie : Léonne, Eustachine, Lubin, Seubin, Tassine, Cirice, Vrain, Hilaire… J’ai décidé de me pencher sur celui de Christophette, le prénom de l’une de mes ancêtres à la 13e génération.

J’ai fait la connaissance de Christophette (ou Christoflette, Christouflette) DE BOTMILIAU très récemment, en novembre 2017. Il s’agit de la première branche noble que je trouve parmi mes ancêtres. Elle est l’épouse de l’écuyer Pierre LE BORGNE, sieur du Coulombier, et mère de 6 enfants, dont mon ancêtre Françoise LE BORGNE, baptisée le 30 septembre 1609 dans la paroisse de Saint-Martin de Lamballe, dans les Côtes d’Armor.

signature-Christophette-de-Botmiliau
Signature de Christophette de Botmiliau le 1er mai 1633 à Hénansal (Côtes d’Armor).

Je sais très peu de choses de Christophette, sinon qu’elle serait née avant 1590 et décédée après 1633. Je n’ai pas non plus sa date de mariage, mais sa première fille, Péronnelle, naît en 1606. Le 1er mai 1633, Christophette devient la marraine de Jean GAUDIN, fils de sa fille Péronnelle et donc son petit-fils. C’est la dernière trace que j’ai d’elle. En 1645, Péronnelle appellera l’une de ses filles Christophette.

Dans mon arbre généalogique, qui compte plus de 5000 personnes, il n’y a donc qu’une grand-mère et sa petite-fille à s’appeler Christophette. C’est un prénom effectivement très rare et qu’on ne retrouve, d’après les données de Geneanet, qu’en Bretagne et Pays de la Loire.

fréquence-prénom-Christophette
Evolution de la fréquence du prénom Christophette, calculée sur la base des prénoms mentionnés dans les généalogies déposées sur Geneanet.

J’espère pouvoir un jour percer les mystères qui entourent mon ancêtre, comme son ascendance, que plusieurs arbres en ligne mentionnent mais dont je n’ai aucune preuve*. En attendant, je me laisse bercer par cette variante chantante du prénom Christophe, en imaginant la vie des petits nobles de Bretagne du XVIe siècle.

Et vous, connaissez-vous des Christophette ?

* Ces arbres font descendre Christophette de Rolland DE BOTMILIAU, sieur de Kermedret, et de Françoise DE BEAUREPAIRE.

Geneathème – Mon bénévolat généalogique

En ce mois de décembre, Sophie Boudarel nous propose un geneathème autour du bénévolat en généalogie, l’occasion de vous parler des projets collaboratifs généalogiques auxquels je participe.

Sans les innombrables dépouillements des particuliers ou associations, j’aurais progressé beaucoup moins vite dans mes recherches généalogiques, c’est un fait. Sans les relevés, je n’aurais jamais trouvé la réponse à certaines de mes questions. C’est par exemple le cas pour le mariage de François QUEYREL et Marie Marguerite ORENGO, dont je vous ai déjà parlé, qui est célébré en 1746 à Villefranche-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, alors que leur descendance est établie dans le Loiret.

Cela m’a donné envie de participer à quelque chose de plus grand que moi, à quelque chose qui pourrait aider d’autres généalogistes. Aujourd’hui, je participe à deux projets collaboratifs, le dépouillement de listes électorales et la recherche des généalogies de personnalités. Je dépose ensuite mes relevés sur Geneanet, et les généalogies sur Geneastar. A l’occasion, je fais aussi d’autres relevés, au fil de mes envies, comme des tables décennales par exemple, ainsi que de l’indexation de registres des XVIe et XVIIe siècle. Effectuer des relevés peut s’avérer parfois un peu fastidieux, mais à petite dose je trouve cela relaxant. Ainsi, de temps à autre, je prends 30 min ou 1h pour en faire quelques-uns.

Je dépouille les listes électorales du département de l’Ain (en ligne sur le site des Archives départementales), qui ont le mérite d’être bien lisibles et facile à relever. Cela me permet de ne pas y passer trop de temps, d’autant que je n’ai pas d’ancêtres dans la région. En revanche, concernant les généalogies de personnalités, j’ai eu envie de me consacrer à une région dans laquelle j’ai des ancêtres. Je travaille ainsi actuellement sur les personnalités du XIXe siècle nées dans les Côtes d’Armor (Côtes-du-Nord à l’époque) : Gustave Téry (journaliste), Anatole Le Braz (écrivain), Ambroise Philippe (député), Pierre-Charles Langlais (député), Yves Bouguen (sénateur), Ernest-Bernard Allo (théologien) et le dernier en date Jules Fortin (sénateur). Peut-être qu’à la longue, je finirais par me trouver des cousins « célèbres » 😉

Et vous, avez-vous déjà participé à des projets collaboratifs ?

Lancement du projet #46photos !

Je l’avoue, ce projet, je le dois à Chroniques d’antan et d’ailleurs et à son article « L’album de Marie« . Cela faisait un moment que je réfléchissais à la manière d’étudier un album ancien de ma famille, et sa méthodologie m’a inspiré. J’ai donc décidé de me lancer !

Album - vue d'ensemble
Vue d’ensemble de l’album.

L’album en question contient 46 photos, dont on ne peut pas voir le verso (sauf pour 2 d’entre elles) car elles sont collées. Ces photos ne sont pas annotées, ni d’un lieu, ni d’une date, ni d’un nom, et je n’en ai identifié que 10, dont deux sur lesquelles j’ai des hésitations. Il me reste donc beaucoup de mystères à éclaircir ! Sur le modèle de Chroniques d’antan et d’ailleurs, j’ai créé un tableau Excel pour décrire chaque photo, noter ce que j’en sais, ainsi que les déductions que je peux faire. Voici ce que cela donne et que j’étofferai au fur et à mesure :

projet 46photos
Tableau d’identification des 46 photos de l’album.

A partir des 8 photos déjà identifiées, j’ai déduit que cet album avait dû appartenir à Bercine PÉRON, la femme d’Adolphe PRÉVOTEL, dont j’ai déjà longuement parlé. Alix et Georges étaient en effet ses deux enfants, et Lucine LEQUOY sa mère. Par ailleurs, l’album ne contient pas de photos de Bercine ni d’Adolphe, ce qui me pousse à penser qu’ils avaient mis là des photos de leur famille. Récapitulons la famille :

Etienne Désiré PÉRON + Lucine Bercine LEQUOY
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Bercine Lucile LEQUOY + Adolphe François Georges PRÉVOTEL
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Frédéric Etienne Georges et Alix Victorine

En plus de l’étude minutieuse de chacune de ces photos, et leur comparaison avec les autres photos de la famille que je possède (comme la photo de groupe du mariage d’Alix par exemple), le projet #46photos contient un autre angle, indispensable : la reconstitution de la famille proche de Bercine : ses frères et sœurs, oncles et tantes, cousins et cousines. Dans un premier temps je commencerai par tous les frères et soeurs de Bercine, puis les frères et sœurs de ses parents, et les enfants de ceux-ci. Peut-être arriverais-je même à entrer en contact avec leurs descendants et à retrouver d’autres photos !

Photo d'un militaire non identifié
Photo non identifiée d’un militaire.

Je n’ai presque aucun espoir d’identifier les 46 photos de cet album, mais je pense que pour certaines ce sera faisable, comme pour la photo du militaire ci-contre par exemple. Je vous tiendrai informés de l’avancement de ce projet sur Twitter avec le hashtag #46photos et sur ce blog quand j’aurai de la matière.

Merci à tous pour votre lecture et à bientôt !

RDV Ancestral : Moi et mes ancêtres

Pour le premier anniversaire du #RDVAncestral, je vous présente un article un peu particulier. Pour retrouver toutes les participations, RDV ici http://rdvancestral.com/

Il y a quelques semaines, sur Twitter, certains généablogueurs s’interrogeaient sur la signification du nom de leur blog. Je n’avais pas participé à la conversation, faute de savoir que répondre. Pourquoi ai-je appelé mon blog Le temps s’en mêle ? Je crois que ce nom, que je n’ai pas mis beaucoup de temps à choisir, renvoie à plusieurs facettes de moi. Si le temps s’emmêle, en tant que généalogiste, je cherche à en démêler les fils. Si le temps s’en mêle, c’est qu’il joue un grand rôle dans ma vie.

Au cours de mes recherches de Master sur la généalogie à l’ère numérique, je me suis demandée pourquoi je faisais de la généalogie. Très souvent, les explications données à cet engouement tournent autour du « déracinement » et la perte de repères qui caractériserait notre époque : éloignement de la terre ancestrale, exode rural, coutumes et langues régionales qui disparaissent, familles « éclatées » géographiquement mais aussi dans leur forme (remariages, divorces, familles homoparentales…), et qui éveillerait un besoin de trouver un ancrage dans le passé. Suis-je une déracinée ? Mon grand-père maternel a quitté sa Bretagne natale (et celle de ses ancêtres sur plus de trois siècles) et sa famille pour trouver un emploi d’ouvrier sur Paris dans les années 50. L’une de mes arrière-grands-mères maternelles, élevée en Suisse avec sa grand-mère jusqu’à l’âge de sept ans, a ensuite été récupérée par ses parents qui tenaient une boutique à Paris. Ces ancêtres là étaient déracinés. Suis-je une déracinée, moi qui suis née et qui vit dans une ville d’Île-de-France dans laquelle trois générations avant moi ont vécu ? Suis-je en perte de repères alors que je suis allée dans les mêmes école primaire, collège et lycée que ma mère, que mes ancêtres n’ont jamais divorcé et que leurs mariages ont souvent duré plusieurs dizaines d’années ? Et puis j’ai lu le témoignage d’un généalogiste sur le pourquoi de sa pratique :

Pour ma part je crois que ce qui me motive sans trop m’en rendre compte, c’est le besoin fondamental de maîtriser le temps. La généalogie nous permet de faire le pont au-dessus du temps; elle nous rend maître du temps et ainsi répond à notre désir profond d’être éternel (même si on n’ose pas le dire).

J’ai longtemps réfléchi à cette explication, qui me paraissait de prime abord légèrement farfelue, et je me suis rendue compte que c’était cela l’une de mes raisons de faire de la généalogie. J’ai toujours eu un rapport assez angoissé au temps, des crises de mélancolie, et la peur sourde du temps qui passe, de la mort inéluctable des gens que j’aime et que j’aimerai. Il y a quelques années, alors que j’étais au plus bas, deux choses m’ont tirée des profondeurs : la poésie et la généalogie. Je suis partie à la rencontre de mes ancêtres, et je crois réellement que cela m’a apaisée. Trouver des traces du passé, penser à des gens morts depuis des dizaines ou des centaines d’années, les côtoyer au détour d’actes et de signatures, ne pas les oublier finalement, c’est une chose que je trouve extrêmement importante. C’est cela qui me faisait peur dans la mort, l’oubli, le sentiment de n’avoir jamais existé. Pourtant mes ancêtres ont existé, et ils continueront de l’être à travers moi. Rencontrer mes ancêtres, c’était me rencontrer moi.

L’envol

J’aime
ce qui court
ce qui vole
au delà
des possibles
des ailleurs
et des ailes
comme le temps
des horloges
qui déraillent
et des jours
qui s’éteignent.

Aliénor Samuel-Hervé

Un an !

Bonsoir à tous ! Aujourd’hui ce blog a un an tout rond. Cette année est passée à une vitesse folle pour moi et je n’ai pas eu le temps de faire tout ce que j’avais prévu. Qu’à cela ne tienne, ce sera pour la prochaine année ! Je suis actuellement en pleine rédaction de mon mémoire de recherche que je dois rendre dans les toutes prochaines semaines, et je dois malheureusement un peu lever le pied sur la généalogie (en tout cas la mienne, car je ne suis jamais vraiment loin de la généalogie : c’est le sujet de mon mémoire !). Après le rendu et la soutenance j’aurai (presque) terminé mes études et je commencerai ma véritable vie professionnelle ! Presque car étant donné que je ne sais pas m’arrêter et que je me fixe toujours un million de choses à faire, je me suis inscrite dans un diplôme universitaire de latin à distance. Après tout, ça pourra m’être utile pour mes recherches personnelles en histoire et généalogie.

En un an, mon arbre généalogique s’est enrichi d’environ un millier de personnes, et j’ai écris 65 articles. Pour cette nouvelle année, je ne me fixe aucun objectif : je ne sais pas les tenir ! Entre autres projets, j’ai celui d’écrire un livre sur ma famille (pas forcément quelque chose de publiable, mais en tout cas un ouvrage pour moi, mes proches et mes futurs descendants). J’aimerai aussi reprendre l’écriture de quelques articles pour la Revue d’Histoire du Gâtinais à partir des recherches faites dans le cadre de mon Master en Histoire. Il y aura également un article sur ce blog pour résumer mon mémoire de recherche sur la généalogie à l’ère numérique et les réponses obtenues dans l’enquête diffusée au mois de mars, probablement au cours du mois de septembre ou octobre. Bref, j’ai encore du pain sur la planche, mais toujours dans le plus grand des plaisirs ! Et pour terminer cet article un peu blabla, voici une infographie réalisée il y a quelques jours (elle est déjà en partie obsolète, je me suis trouvé quelques ancêtres directs depuis !).

Merci pour vos messages, vos lectures et vos encouragements. A bientôt ! 😉

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